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C'est au cours d'un atelier national, tenu le vendredi 9 septembre 2022 dans un hôtel de la place, présidé par le Ministre des Mines et de la Géologie, Dr Oumar SARR que ladite stratégie a été présentée et validée en présence de Madame le Gouverneur de la Région de Kédougou, des autorités locales des zones d'opération, des représentants des Ministères en charge de l'Artisanat et de l'environnement, des représentants de l'OMVS et de l'OMVG, des Directeurs Généraux, nationaux et Chefs de Services du département ministériel ainsi que des sommités du secteur minier.

Dans son allocution d'ouverture, le Ministre a rappelé qu'en décembre 2021, lorsque qu'il a présidé à Kédougou la rencontre qui marquait officiellement, le lancement du projet d'encadrement et de promotion de l'exploitation minière artisanale, c'était avec la conviction qu'à partir d'un diagnostic sans complaisance du sous-secteur de l'orpaillage, d'un dialogue franc entre parties prenantes et de la mise en oeuvre de synergies fortes, que les différents acteurs pourraient parvenir à relever l'ensemble des défis soulevés.

En outre, le Ministre a indiqué qu'au regard de l'importance de cette activité au plan économique et social pour la région de Kédougou particulièrement et des conséquences néfastes qu'elle génère au niveau environnemental, sanitaire, sécuritaire, il est devenu impératif, au- delà des actions que les parties prenantes mènent à différentes échelles, de se doter d'un document d'orientation stratégique de gestion de l'orpaillage. D'où la tenue de cet atelier de partage.

L'encadrement et la promotion des mines artisanales a été hissé au rang des priorités du Gouvernement au point d'être retenu comme l'un des six (6) projets miniers phares retenus dans le PSE, dont l'ambition stratégique vise la transformation des mines artisanales en opportunités de développement économique et social.

L'exploitation minière artisanale d'or communément appelée orpaillage constituait une pratique séculaire et saisonnière des populations vivant dans les zones aurifères des formations birimiennes du Sénégal Oriental.

Lors de sa présentation, le Consultant Chérif SOW, PDG de CCS a rappelé les objectifs de ce projet phare inscrit parmi les priorités du Plan d'actions prioritaires ajusté et accéléré (PAP2A) du PSE qui vise une production annuelle de plus de 17 tonnes d'or.  Pour ce faire, l'encadrement de l'EMAPE demeure l'une des composantes clés pour l'atteinte des objectifs escomptés, a t-il soutenu.

Aussi, à partir de données récentes obtenues sur l'orpaillage grâce à l'étude monographique sur l'Orpaillage réalisée par l'Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie en 2017, il est démontré que l'exploitation minière artisanale constitue un sous-secteur important au Sénégal et plus spécifiquement dans les régions de Kégougou et Tambacounda.

En effet, 4,3 Tonnes d'or serait produit en 2017, ce qui représentait pour l'année considérée plus de la moitié de la production industrielle, le sous secteur emploie plus de 30 000 personnes dont 60% sont des ressortissants de pays étrangers.

Il a été noté également que la valeur ajoutée dégagée par l'orpaillage était estimée à 73,9 milliards de FCFA.

Malheureusement à côté ces points que l'on pourrait qualifier positivement, les acteurs sont unanimes sur l'ampleur des défis liés à cette forme d'exploitation notamment :
 

  • la déforestation ;
  • la dégradation avancée des cours d'eau comme la Falémé ;
  • l'utilisation abusive et incontrôlée de produits chimiques et des explosifs ;
  • la promiscuité engendré par les importants flux migratoires ;
  • la méconnaissance des règles de sécurité et de santé au travail ;
  • la récurrence des accidents liés aux éboulements ;
  • le manque de formation des acteurs ;
  • la faible maîtrise du circuit de commercialisation ;
  • la faible contribution de ce secteur au budget national ;
  • les trafics de toutes sortes ;
  • l'absence de services sociaux de base ;
  • l'insécurité.


S'agissant de la situation sécuritaire, elle demeure une préoccupation majeure dans notre région ouest africaine. En ce sens, les sites d'orpaillage ont été identifiés comme un terrain de prédilection des groupes extrémistes violents.

C'est tout l'intérêt de l'étude réalisée par le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS) en 2021 dont les conclusions font état de la vulnérabilité des zones aurifères de Kédougou et de Tambacounda face aux groupes extrémistes violents, exacerbé par les importants flux migratoires et financiers qui bouleversent les rapports sociaux et entraînent des dynamiques conflictuelles.

Dès lors, face à ces défis de taille, conscient que l'exploitation minière pourrait constituer un levier de développement local et contribuer à la réduction de la pauvreté, le Ministre Oumar SARR a indiqué qu'il lui est apparu nécessaire, d'élaborer une nouvelle stratégie de promotion et d'encadrement tenant compte des limites des initiatives déjà mises en oeuvre afin de transformer ce que d'aucun voit comme une menace en opportunité pour les régions de Kédougou et Tambacounda d'abord et pour le Sénégal plus généralement.